Dr. Michael London

Transformer notre compréhension de l'activité cérébrale

Le cerveau est en constante effervescence, rempli de signaux électriques qui transfèrent les informations aux cellules cérébrales. De cette intense activité électrique résultent les perceptions, les pensées, les idées, les décisions, les émotions et les mouvements qui constituent la vie humaine. Décrypter le code utilisé par ces cellules est l'un des défis majeurs auxquels font face les neuroscientifiques aujourd’hui. Déceler le code du cerveau et découvrir comment les neurones traitent et transmettent les informations est l’objectif du Laboratoire de code neuronal à l’ELSC (Edmond and Lily Safra Center for Brain Sciences).

Le Laboratoire de code neural est dirigé par le Dr Michael (Mickey) London, qui a récemment rejoint l’ELSC en tant que maître de conférences. Ce jeune diplômé au parcours remarquable a d’abord obtenu sa maitrise à l’Université hébraïque de Jérusalem puis son doctorat qu’il a achevé sous la supervision du professeur Idan Segev du Centre interdisciplinaire de Calcul neuronal, lui même devenu une figure dominante de l’ELSC. Le Dr London a mené son travail postdoctoral à l'Université College of London (2002-2010), d'abord en tant que post doctorant puis comme chargé de recherche au conseil médical des recherches (MRC : Medical Research Council) et chercheur à la fameuse fondation Wellcome Trust. En travaillant au laboratoire du professeur Michael Hausser, le Dr London a affiné son approche pluridisciplinaire, en se concentrant sur le code neural et sur les principes computationnels des neurones.

Combinant à la fois son expertise en théorie et ses compétences techniques, le Dr London a développé des méthodologies permettant d’étudier la façon dont chaque neurone traite l'information et la communique. Ses travaux de recherches, publiés dans la revue « Nature » (Juillet 2010), sont en train de changer la compréhension scientifique de l'impact de l'activité de neurones individuels sur un plus grand groupe de neurones. Le Dr London a démontré que même l'ajout d'un seul pic électrique sur un unique neurone peut produire un effet significatif sur toute l'activité cérébrale. Cette constatation inattendue a conduit les scientifiques à revoir les hypothèses de longue date sur la façon dont l'information est codée et traduite en comportement.

Le Dr London envisage d'étudier les effets de la modification des signaux tout en observant leur comportement. Ce type de recherche était inimaginable avant les récents progrès technologiques en optogénétique et en imagerie à deux photons. Un microscope à deux photons de $ 400 000 à l'Université hébraïque permet de progresser dans ces efforts: ce microscope permet aux scientifiques d'examiner un spécimen et une image vivante d’un tissu jusqu'à une très grande profondeur d'environ un millimètre. Les scientifiques peuvent ainsi mettre en image l’activité cérébrale dans son déroulement et ceci sans blesser des animaux en laboratoire. L’objective du Dr. London est de mettre en image l’activité d’une zone neuronale locale, d'identifier et d'enregistrer l'activité d'un neurone individuel et d’émettre de l’activité dans ce seul neurone afin d’évaluer son impact sur le codage et le comportement.

En 2011, le Dr London et sa femme Niva, ont pris la décision de quitter Londres pour Israël accompagnés de leurs trois enfants: Roni (13), Gilad (11) et Noga (4). Après avoir considéré les offres de plusieurs universités, il a porté son choix sur l'Université hébraïque de Jérusalem et son centre ELSC. En tant qu’ancien étudiant de l'Université hébraïque, il a toujours apprécié l'excellence de l’Université dans les neurosciences. «J’ai toujours senti que je partageais un langage commun avec les scientifiques d’ici," explique le Dr London. "L’Université hébraïque a toujours été pour moi une source d’inspiration."

Le laboratoire du Dr London continuera d’étudier la façon dont les neurones communiquent et transfèrent les informations. « Les résultats obtenus dans le déchiffrage des codes génétiques ont révolutionné les domaines de la biologie et de la médecine», a déclaré le Dr London, « et nous commençons tout juste à explorer ces conséquences. Nous avons encore du chemin à faire, bien sûr, mais je suis heureux de faire partie de cette aventure. »