Un brillant étudiant de l’Ecole normale choisit l’ELSC

Rien ne prédisposait Arthur Berrou à faire son doctorat à l’Université hébraïque de Jérusalem. Et pourtant, … à l’automne 2017, alors qu’il n’a que 21 ans, ce jeune Breton, catholique, qui a grandi au bord de la mer, à Landerneau, une charmante ville du Finistère, est venu s’installer sur les montagnes de Jérusalem pour étudier à l’Université hébraïque ; et c’est là qu’il a choisi de faire sa thèse. Il a intégré le programme doctoral en neurosciences computationnelles au sein de l’ELSC (Centre Edmond et Lily Safra de recherche sur le cerveau), un programme créé en 1991 et dirigé, aujourd’hui, par le Professeur Yonathan Loewenstein. Une expérience, qui somme toute n’est pas si étonnante pour ce jeune homme qui avait déjà fait des choix hors du commun.

En effet, après le bac, le jeune homme commence des études de médecine à Brest, mais très vite il part à Paris pour intégrer un programme original au sein de l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm, qui permet d’allier médecine et recherches scientifiques fondamentales. C’est dans ce cadre qu’il rencontre David Hansel, directeur de recherche au CNRS, qui lui parle de ce programme de l’ELSC ouvert aux étudiants étrangers. « Sans lui, je n’aurais jamais su que ce programme existait. Ce programme, peu connu en France, est exactement ce que je cherchais : une approche quantitative des neurosciences abordant les neurones comme ayant eux-mêmes des capacités de calcul. Les options existant en France étaient moins orientées sur cet aspect. »

Et puis, très vite Arthur entrevoit d’autres avantages à ce départ à l’étranger. « Outre le rayonnement scientifique de l’ELSC, la possibilité de découvrir le Proche-Orient, berceau du monothéisme, riche de nombreux vestiges archéologiques, constituait un attrait supplémentaire. J’ai ici une vie culturelle et intellectuelle stimulante, rythmée tant par des séminaires scientifiques de l’ELSC que par des conférences historiques de l’Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem que je fréquente régulièrement. »

Autre avantage : le coût des études. « Le soutien financier de généreux donateurs permet aux étudiants de vivre confortablement, d’être formés pendant un an et demie et d’effectuer un doctorat sereinement en trois ans voire plus. » Et puis, Arthur a été logé gratuitement les deux premières années dans un studio sur le campus de Guivat Ram, à deux minutes à pied de son laboratoire installé dans le nouveau bâtiment de l’ELSC construit par Norman Foster et inauguré en juin 2017.

Ce jeune Breton est absolument ravi d’avoir choisi l’Université hébraïque de Jérusalem. « Le niveau est très bon, l’encadrement aussi. Dans ma promotion, nous ne sommes que dix, ce qui permet un tutoring quasi individuel. En fait, si l’on compare à la France, le système combine les avantages de la fac et de la prépa. Et puis, l’ambiance est très conviviale. Par exemple, tous les jeudi soir, on se retrouve pour un « happy hour » au sein même du campus, une autre occasion de faire émerger des projets. » Arthur a deux directeurs de thèse : David Hansel pour la France et le Professeur Israël Nelken co-directeur de l’ELSC et qui collabore également avec l’Ecole Normale Supérieure.

Arthur Berrou ne renonce pas pour autant aux études de médecine ; il entend bien les reprendre à l’issue de sa thèse … Et pourquoi pas ? Après tout, il aura plus ou moins l’âge des thésards israéliens qu’il fréquente actuellement à l’Université hébraïque. « Ici, les PhD sont beaucoup plus âgés qu’en France parce que les Israéliens font l’armée avant la fac, souligne-t-il. C’est très intéressant d’étudier avec eux car leurs responsabilités au sein de l’armée leur ont donné beaucoup de maturité. Par conséquent, ils sont plus pragmatiques, plus opérationnels et plus efficaces dans leur manière de travailler. Et moi, j’apprends beaucoup à leur contact. »

 

Rédaction : Catherine Dupeyron

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