L'UHJ dans la presse : The Times of Israel : Les femmes peuvent-elles interrompre leur horloge biologique ?

A mesure qu’elles approchent des 30 ans, de nombreuses femmes commencent à faire attention à leur horloge biologique et à leurs chances d’avoir un enfant.

En effet, les ovules commencent leur maturation dès les premières règles d’une femme, entre l’âge de 10 et 15 ans. Au fil des ans, les ovules vieillissent et leur qualité diminue.

« L’âge critique est à 35 ans », a déclaré le Dr Yonathan Tzur, un chercheur au département génétique de l’Université hébraïque de Jérusalem, lors d’un entretien téléphonique. « A partir de là, la qualité des ovules chute rapidement », ce qui rend plus difficile pour des femmes de concevoir un enfant. Les ovules âgés sont également la cause principale d’anomalies congénitales et de fausses couches.

Alors que les technologies de fécondation in vitro permettent aux docteurs de choisir les meilleurs ovules, les femmes de plus de 35 ans ont plus du mal à concevoir un bébé en bonne santé avec leurs propres ovules, et pour les femmes âgées de 40 ans ou plus, le succès d’une fécondation in vitro diminue sensiblement, ce qui conduit les femmes à utiliser des dons d’ovocytes.

Le Dr Yonatan Tzur, un chercheur du département de génétique de l’Université hébraïque de Jérusalem, à droite, et le Dr Hanna Achache au travail dans leur laboratoire (AG/Hebrew University)

En prenant en compte que l’âge moyen de la première maternité dans le monde occidental augmente sensiblement, l’on peut comprendre pourquoi il est crucial de trouver une solution pour ralentir le processus de maturation d’un ovule.

Et si les femmes pouvaient appuyer sur le bouton pause de leurs horloges biologiques ? Et s’il y avait un moyen de retarder la détérioration de la qualité des ovules ? Tzur et son équipe se sont embarqués dans une quête pour trouver les mécanismes qui contrôlent le développement ovulaire et le vieillissement des ovocytes.

Dans une étude publiée dans la revue scientifique Genetics, Tzur et son associée le Dr Hanna Achache, avec des scientifiques de la Faculté de médecine de Harvard, ont déclaré avoir trouvé un moyen d’y parvenir – chez des vers.

Ils espèrent que cette percée scientifique pourra aider des femmes à augmenter leur fenêtre de fertilité et à maintenir une haute qualité des ovules entre leur trentaine et leur quarantaine.

Des ascarides Elegans C avec un processus de maturation des oeufs. (Hanna Achache)

 Tzur et l’équipe ont étudié le processus de maturation des ovules chez des vers. Bien qu’ils soient minuscules, les ascarides, C. Elegans, ont aidé les scientifiques à comprendre la génétique humaine, puisqu’ils contiennent le même nombre de gènes que les humaines (20 000) et leur ovule mûrit en une journée.

Tzur et son équipe ont surveillé les changements dans chacun des 20 000 gènes de vers lors de la formation de l’ovule et ont pu mettre en évidence un gène, ogr-2, qui contrôle le rythme de maturation des ovules. Ils ont également trouvé que ce gène interagit avec un modificateur biochimique appelé MAP Kinase (MAPK), qui a le rôle d’activer ou de désactiver différents processus de développement.

Plusieurs gènes contrôlent le modificateur MAPK, mais quand les chercheurs ont enlevé le gène ogr-2 avec une technologie de modification génétique CRISPR, le modificateur MARK « est passé en vitesse surmultipliée » et les ovules des vers ont vieilli très rapidement. Ils ont réalisé que sous les instructions de l’ogr-2, le MAPK peut démarrer, ou bloquer, la maturation d’un ovule.

« Nous avons testé le rôle du gène en le retirant de la séquence génétique du vers, a déclaré Tzur. Immédiatement, des vers ‘modifiés’ sont devenus moins fertiles et leurs ovules ont plus ressemblé à ceux d’un ver âgé ».

« Tout d’un coup, les jeunes ovules ont semblé plus âgés, a-t-il dit, c’était vraiment incroyable ».

Les chercheurs testent maintenant si la même chose se produit chez les humains, a-t-il dit, pour voir si nous pouvons activer ou réprimer un modificateur afin d’aider d’autres femmes à avoir des enfants ».

Les humains ont également le modificateur MAPK, a-t-il dit. « Mais nous ne savons pas quand il se met en action ou quand il s’arrête, ni ce qui l’active », la recherche est encore à un stade très précoce.

Une fois que l’équivalent du gène activateur ogr-2 sera trouvé chez les humains, a-t-il dit, peut-être un composé supplémentaire pourrait être imaginé pour développer son activité.

Lors des procédures de fécondation in vitro, le modificateur MAPK pourrait être manipulé pour le rendre plus réceptif au sperme, tout comme l’est un ovule jeune, a-t-il dit. Cela pourrait améliorer les chances des femmes à concevoir un bébé en bonne santé alors qu’elles vieillissent.

 https://fr.timesofisrael.com/ralentir-lhorloge-biologique-possible-affirment-des-chercheurs-israeliens/