L'UHJ dans la presse : The Times of Israel : Un test sanguin futuriste pour détecter les cancers et remplacer le dépistage

Le test développé par l'université hébraïque de Jérusalem a été réalisé sur 1 000 personnes et la méthodologie a été publiée dans la prestigieuse revue Nature Biotechnology

L'équipe à l'origine de la nouvelle recherche sur les tests sanguins du cancer (de gauche à droite) : Gavriel Fialkoff, Dr Ronen Sadeh, Dr Israa Sharkia et Prof. Nir Friedman. (Crédit : Université hébraïque de Jérusalem)

L’université hébraïque de Jérusalem a développé un test sanguin qui pourrait remplacer tous les dépistages de cancers d’ici dix ans.

La technologie consiste à extraire du sang une mine d’informations concernant tous les organes et tissus qu’il a traversés au cours de ses déplacements dans le corps.

Le test pourrait réduire considérablement les cas de cancer en les détectant de manière très précoce, car ce type de tests sanguins est plus facile que les dépistages réguliers, a déclaré le Dr Ronen Sadeh, du Grass Center for Bioengineering de l’Université hébraïque, qui a dirigé l’étude avec le professeur Nir Friedman.

« Les biopsies liquides » qui peuvent détecter le cancer à partir du sang existent déjà, mais elles ne sont pas encore très répandues et, surtout, elles indiquent seulement s’il y a un cancer, sans donner une image détaillée de l’endroit où il se trouve.

« Notre nouvelle technologie peut vous dire non seulement si vous avez une tumeur, mais aussi indiquer sa localisation exacte dans le corps », a déclaré Sadeh au Times of Israël lundi. « Elle peut également différencier des types de tumeurs similaires pour aider les médecins à prendre de meilleures décisions sur la façon de traiter les patients ».

« D’ici dix ans, nous espérons qu’il pourra s’agir d’un test que les gens feront régulièrement et systématiquement afin de surveiller le cancer, et de contrôler la santé de leurs organes pour d’autres maladies également », a-t-il ajouté.

« Le dépistage sera plus facile, plus générique et moins coûteux, il y aurait donc plus de dépistage et cela sauverait des vies », a-t-il surenchéri.

Le professeur Noam Shomron, expert en cancer de l’université de Tel-Aviv qui n’est pas lié à la recherche, a déclaré au Times of Israël que, si de nombreux scientifiques du monde entier travaillent sur la prochaine génération de tests sanguins pour le cancer, celui-ci « vaut le coup ».

« Il existe de nombreux laboratoires scientifiques dans le monde qui mènent des expériences similaires, bien que cette équipe ait sa propre perspective unique ». Shomron a ajouté que la capacité à localiser le cancer est une nouvelle contribution au domaine. Il a déclaré que Sadeh et ses collègues ont trouvé « une idée et une approche merveilleuses ».

La nouvelle méthode a été testée sur 1 000 personnes en Israël et aux États-Unis, et ses résultats concordent avec ceux des médecins déployant des diagnostics traditionnels. Sadeh est le PDG d’une nouvelle start-up, Senseera, qui a été créée pour lancer un vaste essai clinique et promouvoir la technologie.

Les recherches décrivant le processus ont été publiées le mois dernier dans la revue à comité de lecture Nature Biotechnology. Selon Sadeh, l’article donne l’espoir que le test pourrait remplacer les biopsies, les mammographies, les coloscopies et diverses autres procédures actuellement menées pour détecter le cancer.

La principale innovation, selon Sadeh, est l’analyse à la fois de la séquence d’ADN et d’autres informations qui donnent un aperçu de l’activité génétique au-delà de la séquence, connu sous le nom d’information épigénétique.

« Nous ne nous contentons pas d’examiner la séquence d’ADN, qui est l’objet principal des biopsies liquides normales, mais aussi des détails comme la façon dont l’ADN est emballé et régulé à l’intérieur de la cellule, ce qui peut nous en apprendre beaucoup », a-t-il déclaré.

Selon Sadeh, il est impossible de dépister en permanence tous les cancers, mais comme le sang circule en permanence dans le corps, il « capte des informations de chaque organe », qui doivent juste être « capturées et interprétées ».

Pour ce faire, son test fait appel à la biologie moléculaire pour créer une méthode d’investigation qui utilise des anticorps spécifiques pour « capturer les informations épigénétiques », qui sont ensuite introduites dans une machine développée pour analyser les informations.

« Le sang circule constamment dans le corps et recueille actuellement des informations de tous les tissus », a-t-il déclaré. « Nous utilisons déjà ces informations pour divers tests, comme les tests d’enzymes hépatiques, mais les informations sont très générales ; elles ne font qu’indiquer un problème général s’il en existe un.

« En extrayant des données très détaillées, nous pouvons dire où se trouve le cancer et nous pouvons également identifier d’autres maladies – maladies du foie, maladies immunitaires, et autres », a déclaré Sadeh. « Nous sommes optimistes et pensons que cette technologie sera utilisée pour faire progresser la santé et sauver des vies ».

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