Gala Scopus 2018 : Ils rendent hommage à l'Université

Honorés par un Prix Scopus décerné au nom de l'Université hébraïque de Jérusalem au cours de ces 15 dernières années, ils rendent hommage à leur tour à l'Université à l'occasion du centenaire de cette institution du savoir, de la connaissance et de l'humanisme.

 

 

 

Maurice Lévy, Prix Scopus 2004

"Il peut paraître paradoxal que l’Université Hébraïque de Jérusalem célèbre son centenaire alors que l’Etat d’Israël « n’a que 70 ans d’existence » (et quels soixante dix ans !!!! ). Mais à qui connaît un peu l’histoire et l’âme juives c’est dans l’ordre des choses. Le peuple du livre n’a jamais cessé d’apprendre, de chercher des réponses à toutes les questions même les plus irrévérencieuses. La connaissance, le savoir, l’apprentissage, le questionnement sont inséparables du Juif depuis Abraham, Moïse et les prophètes.... Il suffit de lire les récits bibliques ou les textes liturgiques pour constater à quel point la recherche de la connaissance, de la vérité sont partie consubstantielle du Juif.

Il était donc normal qu’au lendemain de la déclaration Balfour les bâtisseurs du futur Israël aient d’abord pensé à l’esprit, au savoir partagé avant même de bâtir les structures du futur État. Il faut lire le magnifique texte de Haïm Weizmann qui, avant même d’être le Premier Président de l’Etat d’Israël, voulait faire de cette Université un lieu d’études ouvert à tous, toutes classes, toutes religions : « on doit permettre au travailleur et à l’ouvrier agricole juif de savoir qu’il est possible de poursuivre et d’achever ses études ………… Les portes de nos bibliothèques, salles de cours et laboratoires doivent être largement ouvertes à tous…. » Albert Einstein, Sigmund Freud, Martin Buber, et bien d’autres, ont apporté leur soutien actif à la réalisation d’un des plus beaux projets universitaires du 20ème siècle. Et avec cette incroyable audace de faire revivre l’hébreu, et là aussi avant même la création de l’Etat d’Israël.

Cent ans après, la jeune Université compte six campus, sept facultés, huit Nobels, un médaillé Field, plus de mille enseignants et a déposé plus de 10.000 brevets. C’est une université vivante, diversifiée, pleine d’énergie positive qui accueille chaque année 23.000 étudiants, dont plus de 10% viennent des quatre coins du monde. 

Comme aurait dit Shimon Peres, en Israël, il n’y a pas de place pour les petits rêves. Les pères bâtisseurs ont su rêver grand et ont réalisé dans ce petit pays les rêves les plus fous, les plus grands imaginés par l’esprit humain, à force d’apprentissage, de travail, de courage et d’abnégation."

 

Eric de Rothschild, Prix Scopus 2005

 

Edmond de Rothschild avec Lilly Safra

« Que ce soit avant ou après la création de l’Etat d’Israël, l’Université hébraïque de Jérusalem a été le phare, mais aussi la cheville ouvrière du développement, tant des anciennes communautés établies en Eretz-Israël que des nouveaux arrivants.

Ceux-ci étaient tous avides de savoir et de projets que l’Université leur a fourni généreusement. Pourrait-on dire que l’Université est l’ultime couronne de notre culture ?

Nous souhaitons tous une longue vie à l’UHJ. »

 

Beate et Serge Klarsfeld, Prix Scopus 2009

« La première pierre de l’université hébraïque de Jérusalem a été posée lors d’une cérémonie qui s’est déroulée le 24 juillet 1918, après la déclaration Balfour, avant la fin de la première guerre mondiale, dans une Jérusalem encore assoupie dans la grisâtre indifférence dans laquelle les autorités ottomanes l’avait laissée reposer. Ce n’est qu’au tout début du 20ème siècle que Jérusalem vit apparaitre des bureaux de poste, d’abord français, puis allemands. Quant à la première bicyclette elle roula sur la route de Jaffa en 1903. Qui pouvait prévoir à l’époque ? Qui pouvait prévoir qu’il y aurait un jour un Etat juif ? Que les deux tiers des Juifs d’Europe seraient assassinés par une Allemagne dont les Juifs étaient pourtant un des levains de la culture ? Qu’Israël serait la première puissance régionale ? Que l’hébreu deviendrait la langue officielle ? Et que l’université de Jérusalem, que ses dirigeants avaient voulu ouverte « à toutes les races, religions et croyances », serait parmi les meilleures du monde. Personne ne pouvait prévoir tout cela à la fois. Mais même dans l'ignorance de ce que serait un futur, aveugle devant les tragédies de l’histoire, Chaïm Weizmann qui prononça le discours lors cette cérémonie en juillet 1918, avait une stratégie. Pourquoi en effet se demandait-il créer une université dans un « pays où tout reste à faire, un pays qui manque de charrues, de routes et de ports ». Parce que, répondait-il « au cœur de toutes les misères sordides des ghettos se sont trouvées des écoles où les Juifs s’asseyaient aux pieds des rabbins et des professeurs. C’est dans l’étude que le juif a trouvé consolation et secours », ajoutait-il. Il avait raison. C’est l’énergie intellectuelle qui a permis aux Juifs de survivre et de traverser les siècles. D’avoir été là au temps des papyrus et des pyramides et d’y être encore au temps des gratte-ciels et de l'internet. Et c’est dans l’université hébraïque de Jérusalem que repose aujourd’hui une partie de l’âme juive et la théorie de la relativité d’Einstein qui en fut un des plus fervents supporteurs. »

 

Philippe Labro, Prix Scopus 2012

"J’ai découvert, grâce au Prix Scopus que j’ai eu l’honneur de recevoir en 2012, l’extraordinaire Université de Jérusalem. Ce fût un court voyage, mais celui d’une rencontre émouvante avec des chercheurs de haut niveau, des étudiants de toutes sortes et de toutes origines, dans un bain de culture et de fraternité, avec, au-dessus de nous, la légendaire présence d’Einstein sur son vélo – avec selon sa sagesse et son humour : « La vie, c’est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l’équilibre.

Sur cette colline chargée d’histoire, j’ai senti le souffle d’une âme – celle d’un pays et d’un peuple. A 100 ans, l’Université de Jérusalem est plus jeune que jamais, enfermant en son sein l’invention, la recherche et la contribution pour l’avenir. "

 

 

 

 

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