Einstein, père et fils

L’UHJ-France a inauguré l’année 2019 au théâtre ! « Le cas Eduard Einstein », une excellente pièce, a réuni près d’une centaine de personnes de notre association le 12 février à la Comédie des Champs Elysées. Laurent Seksik, auteur du livre et de son adaptation au théâtre, nous a fait l’honneur de venir discuter avec nous après la représentation autour d’un verre dans une brasserie à deux pas du théâtre.

 

 

Albert Einstein, alias Michel Jonasz, est assis à son bureau. La scène se déroule au début des années 30. Hitler sévit déjà à la radio. Albert lit une missive de Max Planck, le physicien allemand, qui lui conseille de partir enseigner aux Etats-Unis à Princeton. Le sort des deux hommes est intimement lié. Ensemble, ils ont reçu la médaille Max Planck, l’année même de sa création en 1929. Et aujourd’hui, au-delà de leur mort, ces deux physiciens majeurs du 20ème siècle, sont réunis à travers le partenariat existant entre le Centre Max Planck et l’ELSC abritée au sein de l’Université hébraïque de Jérusalem, dont l’un des fondateurs est Albert Einstein lequel a légué toutes ses archives personnelles à l’Université.

C’est d’ailleurs dans ces archives de l’HUJ que Laurent Seksik, l’auteur du livre Le cas Eduard Einstein et de son adaptation pour le théâtre, a effectué une partie de ses recherches. « Je travaillais sur une biographie d’Albert Einstein pour Gallimard et j’ai découvert trois lignes sur son fils Eduard, qui m’ont donné envie d’explorer, de comprendre comment un génie comme Albert Einstein avait réagi au drame familial d’avoir un fils fou. Et puis médecin de formation, j’ai toujours été fasciné par la folie », nous confie-t-il à l’issue de la représentation, alors qu’il est venu à la rencontre des amis de l’Université hébraïque réunis autour d’un verre à deux pas du théâtre.

 

Albert et Eduard Einstein, alias Michel Jonasz et Hugo Becker. (Crédit Photos : Comédie des Champs Elysées)

 

Revenons à l’histoire. Dans sa missive, Planck conseille à Einstein de quitter Berlin pour aller enseigner aux Etats-Unis. Avant cela, Albert ira voir son fils interné depuis peu à l’hôpital psychiatrique Burghölzli à Zurich. Le père s’interroge sur sa responsabilité. « Aurais-je commis une faute ? Je vais mesurer l’étendue du malheur, je m’en vais voir mon fils. » Une courte visite où le père propose à Eduard, alias le jeune et talentueux Hugo Becker, de partir avec lui en Amérique à Princeton. « Plutôt crever », répond le fils pour qui son père « est la cause de tous (ses) tracas ».

Au moment de quitter l’Allemagne, Albert Einstein confie : « Mon fils est interné, moi je pars en exil ». Un parfait résumé de cette pièce passionnante, grave, douloureuse même parfois sur les relations père-fils, l’antisémitisme et l’exil.

 

Rédaction : Catherine Dupeyron

De gauche à droite : Sophie Krief-Dabi, Catherine Belais, Laurent Seksik, Josiane Stoléru, Charles Canetti et Josiane Pitoun.

 

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