Martine Dassault : une âme généreuse et bienveillante

Un sourire doux et franc, une silhouette discrète et élégante, une personnalité efficace et délicieuse, une âme généreuse et bienveillante ; ces quelques mots disent l’essentiel de Martine de Souza Dassault qui nous a quittées beaucoup trop tôt, à l’aube de ses 64 ans. Engagée au service de l’Université hébraïque de Jérusalem notamment, elle a su faire de la notoriété de son patronyme « un atout au service des causes qu’elle a soutenues avec conviction et constance » confie le Grand rabbin, Haïm Korsia dans l’hommage qu’il lui a rendu. (cf. texte intégral de Haïm Korsia ci-dessous)

 « Il est des personnes qui se consacrent aux autres sans savoir s’occuper de leurs proches, mais Martine, dont j’ai eu le grand bonheur de marier une fille, savait tout à la fois être présente aux siens et présente à nous tous », ajoute le Grand rabbin, qui officia le jour de ses funérailles, le 18 février dernier, au cimetière Montparnasse à Paris. Martine avait trois filles, Noémie, Clara et Géraldine et six petits-enfants, la prunelle de ses yeux.

Une disponibilité familiale et professionnelle, dont son amie de quarante ans, Catherine Belais, déléguée générale de l’Université en France depuis 2007, peut témoigner mieux que personne. Leur amitié déjà profondément scellée, elles ont eu la chance de travailler côte à côte pendant des années : Martine entre au comité de soutien de l’UHJ-France en 2005 et en devient présidente de 2011 à 2015. C’est de ses mains que Philippe Labro, Jean d’Ormesson, Patrick Drahi et Haïm Korsia ont reçu leur prix Scopus. C’est avec elle que Philippe Labro, fils de Justes, a découvert Israël et il en garde un souvenir ému grâce à « ce guide souriant, efficace et délicieux que fut Martine. » (cf. texte intégral de Philippe Labro ci-dessous)

Au sein de l’Université, Martine Dassault a joué un rôle majeur dans la promotion du financement du laboratoire sur la maladie de Parkinson et l’infrastructure informatique et multimédia du nouveau bâtiment de l’ELSC inauguré en juin 2017. Son action a d’ailleurs été saluée par la remise d’un Honorary Fellowhip en juin 2018 (cf. texte intégral de l'article sur cet évènement ci-dessous). L’année précédente, son nom, qu’il soit béni à jamais, avait été gravé dans la pierre du Wall of Life sur le Mont Scopus.

 

Rédaction : Catherine Dupeyron

 

 

- Hommage de Haïm Korsia, Grand rabbin de France, Membre de l’Institut

Prix Scopus 2016

 De gauche à droite : Martine Dassault, Yossi Gal, Haïm Korsia et Luc Ferry.

 

Tous ceux qui ont connu Martine savent sa simplicité, son sourire, sa bienveillance et il me sera difficile d’être original en écrivant tout le bien que je pense de la grande dame qui nous a quittés, si jeune, le 15 février dernier.

Je veux néanmoins rendre hommage à cette femme qui a su s’inscrire, avec une forme de modestie et d’intelligence des autres, dans la lignée des personnalités marquantes de la communauté juive de France. Bien sûr, le nom prestigieux de son mari, Laurent Dassault, lui a donné une présence médiatique importante, que d’ailleurs elle ne recherchait pas. Mais elle a su faire de cette visibilité non revendiquée un atout au service des causes qu’elle a soutenues avec conviction et constance. En fait, c’est elle qui a élevé les noms qu’elle portait.

Je me souviens d’être allé au vernissage d’une exposition Gauguin au Grand Palais, et m’être trouvé dans la queue d’accès juste derrière elle. Nous avons ainsi fait cette visite ensemble. Sa culture, sa curiosité des belles choses, la chaleur de ses enthousiasmes et son ouverture d’esprit m’ont profondément marqué et je garde de cette traversée de l’exposition un souvenir attachant, la perception d’une personne généreuse, bienveillante et chaleureuse. Elle portait d’ailleurs cette bienveillance sur son visage, dans son regard et son sourire, avec la noblesse des belles âmes.

Honoré par le prestigieux prix Scopus de l’Université hébraïque de Jérusalem, je ne voulais qu’elle pour me le remettre car par-delà la réputation et les réalisations de cette institution, c’est Martine qui en symbolisait pour moi l’humanité absolue.

Il est des personnes qui se consacrent aux autres sans savoir s’occuper de leurs proches, mais Martine, dont j’ai eu le grand bonheur de marier une fille, savait tout à la fois être présente aux siens et présente à nous tous.

Discrète mais accueillante, toujours élégante, elle avait cette distinction quasi aristocratique des gens de bien, et je crois pouvoir dire sans me tromper qu’elle a embelli la vie de tous ceux qui ont eu la chance de la croiser.

D’elle, la Bible nous assure : « Récompensez-la du fruit de son travail, et qu'aux portes, ses œuvres la louent. » (Proverbes XXXI, 31)

 

 

 

- Hommage de Philippe Labro, Journaliste et Ecrivain, Fils de Juste

Prix Scopus 2012

 

 

Martine Dassault était une femme exceptionnelle et je tiens à lui rendre d’autant plus hommage que c’est grâce à elle que j’ai découvert la réalité d’Israël.

Fils de Justes, j’ai eu l’honneur et le privilège d’être choisi par les représentants français de l’UHJ pour recevoir, en 2012, le prestigieux prix Scopus. Martine, qui présidait alors cette association, me dit, après m’avoir fait cette proposition que, bien entendu, j’avais accepté d’enthousiasme : « Oui, mais il faut que tu viennes avec moi à Jérusalem ». C’est ensemble donc que, pendant trois jours, j’ai découvert l’Université, la richesse inouïe de son savoir-faire, la multiplicité de ses talents, l’esprit de curiosité, solidarité et d’inventions scientifiques qui y règnent, le tout, bien entendu, sous la constante présence d’Einstein au-dessus de nos têtes.

Ce fut une expérience passionnante et émouvante. Martine m’emmena devant le Mur des Lamentations, me fit connaître Tel-Aviv, et je me sentais d’autant plus proche de ce beau pays et de son admirable peuple que revenaient en moi les souvenirs du geste de mes parents, pendant l’Occupation. La visite du mémorial de Yad Vashem reste pour toujours gravée dans ma mémoire.

Toutes ces images, ces émotions, cette prise de conscience, je les dois à ce guide souriant, efficace et délicieux que fut Martine Dassault. Le soir du 27 mars, lors de la remise du Prix Scopus, entouré d’invités prestigieux et d’anciens lauréats, j’ai pu un peu plus mesurer la somme de travail que Martine, avec ses équipes, avait accompli.  

Elle aura toujours été à la hauteur des missions qu’elle choisissait. Elle est inoubliable.

 

 

- Remise d'un Honorary Fellowship à Martine Dassault le 12 juin 2018 

Pour lire l'article cliquez ici.

 

- Lien sur un film pour les 100 ans de l'Université et la remise de l'Honorary Fellowship à Martine Dassault en juin 2018  


 - Galerie de photos

 

Prix Scopus 2015 remis à Patrick Drahi

 

 Prix Scopus 2015. Pas de deux avec Ron Arad, designer israélien.

 

Visite chantier de l'ELSC.

 

 

 Board 2016 - Inauguration de l'ELSC

 

 

  

 Avec ses petits enfants, David et Léa, lors de l'inscription de son nom sur le Wall of Life en 2017.