Une espèce de grenouille déclarée disparue réapparaît en Israël

Jérusalem, le 4 juin 2013 – La première espèce d’amphibien à être officiellement déclarée disparue par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (IUCN) a été redécouverte au nord d’Israël après quelques 60 ans et s’est révélée être le seul « fossile vivant », n’ayant pas de parenté proche avec les autres espèces de grenouilles vivantes.

La grenouille peinte de Hula, découverte dans la Vallée de Hula en Israël au début des années 40, est cataloguée dans le groupe des Discoglossus. On la croyait disparue à la suite du drainage du marais de Hula à la fin des années 50. L’extinction de l’espèce a été déclarée par l’IUCN en 1996. Par conséquent, on pensait ne plus avoir l’opportunité d’en savoir d’avantage sur cette espèce, son histoire, sa biologie et son environnement écologique.

Cependant, un groupe de chercheurs israéliens, allemands et français a publié en juin 2013 dans la revue scientifique « Nature Communications » une analyse approfondie sur cet amphibien énigmatique.

Basés sur des récentes analyses génétiques des individus redécouverts et sur l’analyse morphologique des squelettes actuels et ceux des fossiles, les scientifiques ont conclu que la grenouille de Hula diffère fortement de ses autres parents vivants, les grenouilles peintes d’Afrique du nord et d’ouest. La grenouille de Hula est plutôt liée à un genre de grenouilles fossiles, Latonia, retrouvées sur une grande partie de l’Europe et qui datent des périodes préhistoriques, ayant disparu depuis environ un million d’années.  

Les résultats impliquent que la grenouille peinte de Hula n’est pas simplement une autre espèce rare de grenouille, mais est actuellement le seul représentant d’un ancien clade de grenouilles (un groupe avec un seul ancêtre commun).  

Des projets de remise en eau de quelques parties de la Vallée de Hula et de restauration de l’habitat marécageux sont en cours, ce qui pourrait permettre l’augmentation de la population de grenouilles peintes de Hula et d’assurer son futur.

Cette recherche et ces analyses de ce spécimen de grenouille considéré il y a peu comme éteint menant à la révélation de sa redécouverte ont été conduits par Rebecca Biton, une étudiante en Ph.D. du Docteur Rivka Rabinovich de l’Institut d’Archéologie de l’Université Hébraïque de Jérusalem, en collaboration avec le Professeur Sarig Gafny du Centre Académique Ruppin, le Professeur Eli Greffen de l’Université de Tel Aviv, le Docteur Vlad Brumfeld de l’Institut de Sciences Weizmann et d’autres chercheurs d’Israël, de France et d’Allemagne.