Les « démangeaisons » de ces scientifiques qui veulent vous aider à arrêter de vous gratter

Des chercheurs de l’Université Hébraïque de Jérusalem et de Harvard ont découvert les neurones distincts « déclencheurs des démangeaisons » qui peuvent être bloqués de façon effective.

Jérusalem, 5 juin 2013 – Démangeaisons et gratouilles, ce n’est pas le problème le plus important de nos vies, mais c’est courant et très embêtant. Des chercheurs de l’Université Hébraïque de Jérusalem et de Boston ont mis au point une découverte pour en finir avec les démangeaisons en inhibant des neurones qui transmettent les stimuli qui nous poussent à nous gratter.

La recherche a été menée conjointement par le groupe dirigé par le Dr. Alex Binshtok au département de médecine et de neurobiologie de l’Université Hébraïque de Jérusalem, à l’Institut de recherche médicale Israël-Canada et au Centre de recherche sur le cerveau Edmond et Lily Safra, avec le groupe du Dr. Clifford Woolf à l’Hôpital pour enfants de Boston et à l’Ecole de médecine de Harvard.

L’étude a montré la présence d’ensembles de neurones fonctionnellement distincts qui détectent et transmettent les stimuli à l’origine de la démangeaison. Les recherches ont par ailleurs permis de démontrer qu’ils étaient capables de cibler de façon sélective ces neurones générateurs de démangeaisons et d’inhiber leur comportement actif.  

Ces résultats fournissent une base pour le développement de nouvelles approches thérapeutiques dans le traitement de quelques cas non causés par l’histamine (démangeaisons non-histaminiques), jusqu’à présent sans traitement efficace, tels que la démangeaison de la peau sèche et la dermatite allergique.

(Les réactions histaminergiques sont provoquées lorsque l'histamine déclenche une réponse immunitaire inflammatoire à des agents étrangers, comme cela se produit, par exemple, dans le cas du rhume des foins.)        

Les conclusions des chercheurs américains et israéliens ont été publiées dans la revue Nature Neuroscience. En plus des chercheurs confirmés, les principaux contributeurs du projet ont été les étudiants Sagi Gudes et Felix Blasl de l'Université Hébraïque de Jérusalem, ainsi que David Roberson et Jared Sprague de l’Ecole de Médicine de Harvard.

Les démangeaisons sont une sensation cutanée complexe et désagréable, qui à certains égards, ressemble à la douleur, mais qui en diffère en ce qui concerne sa qualité sensorielle intrinsèque et l'envie urgente de se gratter provoquée. Bien que certains types de démangeaison, comme l'urticaire, puissent être traités efficacement avec les agents anti-histaminergiques, les démangeaisons causées par des maladies chroniques comme la dermatite atopique (eczéma), les démangeaisons allergiques et démangeaisons de la peau sèche, ne sont pas induites par l'histamine de façon prédominante. La compréhension des mécanismes moléculaires et cellulaires qui sous-tendent la sensation de démangeaison est donc essentielle pour le développement d'un traitement sélectif et efficace des démangeaisons, qui peuvent dans certains cas devenir une situation insupportable, affirment les chercheurs.   

Les découvertes suggèrent que les neurones primaires déclencheurs des démangeaisons, qui transmettent des messages vers le système nerveux central, tracent des chemins distincts dans le cas des démangeaisons histaminergiques et non-histaminiques. Ces trajectoires pourraient être bloquées de manière sélective. C'est la première fois que cela est démontré. Ces découvertes signifient qu'il est possible de bloquer les signaux émis par les neurones qui interviennent dans le cas des démangeaisons non-histaminiques.       

Ces résultats ont une grande importance clinique, car ils pourraient aboutir à des nouvelles thérapies sélectives et efficaces contre les démangeaisons causées par l'eczéma et la dermatite allergique, en grande partie non traités jusqu’à présent.