60 projets de recherche sur le Coronavirus

Spécialistes de virologie, de zoonose, de microbiologie, d’immunologie, de biologie cellulaire, d’épidémiologie, d’informatique, de chimie, de physique, … au total une centaine de chercheurs de l’UHJ sont sur le pont pour tenter de comprendre le virus, le contrôler et soigner les malades. Cela est d’autant plus important que selon le Professeur Mikhal Linial, « ce virus ne semble pas prêt à disparaître » comme cela avait été le cas du virus SARS-CoV1, apparu en 2003, qui avait surtout sévi en Asie et qui avait disparu au bout de six mois. Pour orienter et encadrer l’ensemble de ces recherches, l’UHJ a très vite mis en place un comité directeur sur le Coronavirus et elle s’appuie sur ses liens privilégiés avec l’hôpital Hadassa, qui jouxte la faculté de médecine sur un seul et même campus.

Dans certains domaines, l’UHJ a une nette longueur d’avance. Ainsi, le Professeur Shy Arkin, biochimiste et ancien vice-président de la recherche et du développement de l’UHJ (2009-2017), dirige l’un des rares laboratoires au monde qui travaille depuis des années sur le SARS-CoV1 pour déterminer la structure de ce virus. « Or, l’une des protéines, composant majeur du SARS-CoV1 de 2003, se retrouve dans le SARS-CoV2 de 2019. Notre objectif est donc d’inhiber cette protéine, car si vous inhibez le composant majeur d’un virus, vous inhibez tout le virus. »
Les projets de recherche sont très concrets. Ainsi, les professeurs Nir Friedman et Naomi Habib, tous deux biologistes ont mis au point avec leur équipe un test quatre à dix fois plus rapide et sensiblement moins cher que le test PCR classique.
Or, le délai des tests actuels est l’un des problèmes de gestion de cette pandémie. Tester plus vite permettra de tester plus de gens et d’avoir une connaissance plus précise de la réalité de la pandémie et donc de limiter la contagion. Les tests actuels de dépistage au coronavirus consistent à extraire des molécules d’ARN dans un échantillon prélevé chez un patient, et voir si elles contiennent de l’ARN viral correspondant au SARS-CoV2. « Notre test réduit considérablement la dépendance des laboratoires vis-à-vis de l’extérieur. À ce jour, nous avons testé des centaines d’échantillons cliniques de l’hôpital Hadassah et nos résultats étaient identiques à ceux trouvés par les kits actuellement utilisés », souligne le professeur Nir Friedman.
Il y a aussi un projet d’analyse des eaux usées afin de déterminer les zones géographiques où le virus est actif ; le développement d’un produit actif à poser sur les masques qui piègerait le virus ou bien encore des études sur les dégâts causés par le confinement sur le cerveau. Enfin, si les départements scientifiques sont en première ligne, nombres d’autres disciplines sont aussi en pleine ébullition - économie, psychologie, sciences sociales, etc - puisque ce virus impacte tous les aspects de notre existence.