Lettre de Menahem Ben Sasson

 

 

Chers Amis,

Cette journée avait débuté avec un nouvel espoir grâce à la signature d’un accord de cessez-le-feu de 72 heures. Toutes les parties étaient consentantes et nous avions espéré vivre notre premier week-end paisible depuis un mois. Malheureusement, ce cessez-le-feu a duré moins de 3 heures.

Nous savons que vous suivez de près les événements survenus récemment en Israël. Nous apprécions la profusion de messages chaleureux et solidaires que nous recevons de nos amis du monde entier. Par cette lettre, je souhaite vous informer de la façon dont ces événements ont affecté notre quotidien à l’Université, et vous faire savoir ce que nous avons mis en œuvre pour soutenir ceux qui sont sur le front, mais aussi répondre à la question que beaucoup d'entre vous nous posent depuis quelques semaines: "Comment pouvons-nous aider?"

Ce qui va suivre a déjà été évoqué à plusieurs reprises dans nos communiqués ces dernières semaines, je prends le risque de me répéter pour parler une fois encore de ces choses importantes.

Ici, à l'Université hébraïque de Jérusalem, nous avons suivi de près et avec forte inquiétude l'escalade du conflit: inquiétude pour nos étudiants ainsi que pour notre personnel appelés en tant que réservistes, pour leurs enfants qui sont à l'armée ou réservistes, et bien entendu, pour les  étudiants et leurs familles qui vivent dans les zones proches de la ligne de front.

Nous sommes plus que jamais unis et solidaires. Cela se ressent aussi sur nos campus : la semaine dernière, les étudiants et le personnel ont récolté et envoyé aux soldats sur le front des milliers de produits de première nécessité tels que : des chaussettes, des t-shirts, des sous-vêtements, des produits d'hygiène et des produits alimentaires. Le campus Edmond J. Safra a accueilli un groupe d'enfants venant du sud d’Israël pour une journée de loisirs sur le thème de la science afin de leur permettre de se divertir et d’oublier un peu les missiles et les sirènes. Cela a été rendu possible grâce au soutien de nos amis canadiens. De plus, six des étudiants-cadets de notre programme de médecine d'élite militaire ont accompagné M. David Gertz, responsable du programme, et Général médecin chef officier brigadier de Tsahal Itzik Kreis rendre visite aux soldats blessés à l'hôpital Hadassah-Ein Kerem.

Ceci est juste un petit échantillon de ce qui se passe ici. Nous sommes fiers de la grande famille que constitue l'Université hébraïque de Jérusalem.

Comme beaucoup d'entre vous le savent, cette crise est survenue au milieu de la période des examens. Nous nous efforçons au mieux de maintenir une vie scolaire normale, tout en respectant les règles de sécurité. Lorsque cela est nécessaire, les examens ont donc lieu dans des zones protégées, et nous prenons en compte tout ce qui pourrait affecter les étudiants (en particuliers en ce qui concerne les réservistes) afin de planifier de nouvelles dates d'examen et d’accorder des délais supplémentaires si nécessaires.

En ce qui concerne le programme de la Mechina, une période d'examens plus étendue et plus flexible sera offerte aux étudiants réservistes, et avec nos collègues d'autres universités, nous nous sommes engagés à permettre aux étudiants sur le front de s'inscrire jusqu'à la dernière minute, à défaut de ne pas pouvoir le faire avant.

Pour assurer la sécurité de nos campus, des informations sur la sécurité sont diffusées constamment et des services de conseil sont proposés à tous nos élèves - en hébreu, arabe et anglais. Nous proposons également des réunions d'information sur les précautions de sécurité et sur les mesures à prendre en cas d’alerte. Nos abris sont ouverts et prêts à être utilisés. Nous avons aussi pris des précautions concernant nos programmes d'été - en nous assurant que les activités auraient lieu dans des endroits sûrs et que tout le monde serait informé des procédures d'urgence.

L'École internationale Rothberg a accueilli quelque 360 étudiants pour les programmes d'été; moins de 20 ont choisi de partir plus tôt. Les élèves ont reçu des informations concernant la sécurité, et ont été encouragés à exprimer leurs inquiétudes. Beaucoup des activités ont lieu sur le campus pour les maintenir dans des zones sûres. Toutefois, malheureusement, le nombre d'étudiants est en baisse. En effet, les compagnies d'assurance pour les étudiants étrangers les ont rappelés dans leur pays d'origine: les universités ont demandé à ces étudiants de rentrer dans leurs campus d'origine. En outre, l'avertissement du Département Voyage des États-Unis et l'annulation de nombreux vols au cours de la dernière semaine ont engendré de nombreux désistements - que ce soit pour nos programmes d'été, pour l'Oulpan de septembre, ou pour étudier à l'étranger l'année prochaine.

Au cours de ces dernières semaines, nos nombreux amis du monde entier nous ont souvent demandé: comment pouvons-nous aider? Après une longue réflexion (en effet; demander un soutien financier pour une guerre n'est pas quelque chose que nous prenons à la légère), nous avons pris une décision, et notre demande d'aide suivra bientôt par le biais d'une lettre du Vice-Président Ronnie Friedman (CLIQUEZ ICI POUR LIRE LA LETTRE)

Nous sommes fiers de nos campus ou des étudiants de chaque strate de la société israélienne - juifs, musulmans et chrétiens, ceux du centre et ceux de la périphérie, les Israéliens et les étudiants internationaux de plus de 70 pays - étudient côte à côte. Nous sommes fiers de nos programmes d'enseignement qui enrichissent les étudiants, et de notre recherche qui améliore et sauve des vies. Nous sommes fiers de notre engagement envers l'égalité des chances pour les hommes et les femmes, pour les juifs et les arabes, pour les ashkénazes et les séfarades - pour tous.

La mission de l'Université hébraïque de Jérusalem reste fidèle à la vision d'Einstein qui a déclaré il y a si longtemps: «L'Université hébraïque de Jérusalem est une institution pluraliste, où la science et les connaissances sont développées au nom de l'humanité, dans un climat exempt de discrimination et de préjugés."

Nous continuerons à travailler à cette mission sans nous décourager.

Nous prions pour que ce conflit soit résolu au plus vite, pour qu'aucun enfant n'ait plus à craindre les sirènes et des bombes, et que tous les peuples de cette région vivent enfin en paix.

Merci pour votre amitié et votre soutien.

Amicalement,

Menahem Ben Sasson