L’Université se mobilise contre le nouveau coronavirus

L’Université Hébraïque de Jérusalem abrite 60 projets de recherche sur le coronavirus. Virologues, épidémiologistes, chimistes, physiciens, … sont tous sur le pont pour comprendre ce nouveau virus et soigner les malades. Ces projets, dont les découvertes seront précieuses aussi pour l’ensemble de la médecine de demain, ont besoin de notre aide financière.

Comme la planète entière, l’Université Hébraïque vit à l’heure du coronavirus. Sur ses campus, les allées sont désertes et les bâtiments sont quasiment vides. Et l’Assemblée annuelle des Gouverneurs, qui a traditionnellement lieu en juin, a été reportée au mois d’octobre. Mais derrière ce calme apparent, l’Université est plus que jamais une véritable ruche où tous les cerveaux sont mobilisés dans la lutte contre ce virus très contagieux, le Sars-Cov2, sachant qu’il existe d’autres coronavirus qui ont des caractéristiques distinctes. Pour orienter et encadrer cet effort collectif, l’Université a mis en place un Comité directeur sur le Coronavirus. Selon leurs disciplines, professeurs, chercheurs et étudiants viennent travailler dans leurs laboratoires ou travaillent à distance, seuls ou avec leurs collègues grâce aux conférences Zoom.

Nombres d’étudiants ont suspendu leurs propres études pour participer à cette mission historique. Ils travaillent sans relâche pour aider les chercheurs qui en ont besoin dans leurs laboratoires. Ainsi des étudiants de l'ELSC – Centre Edmond et Lily Safra de recherche sur le cerveau - se rendent à l’hôpital Shaarei Tzedek pour faire des diagnostics de PCR - tests qui permettent de quantifier la charge virale. Les étudiants aident aussi les services du Maguen David Adom (services de secours) ou deviennent baby-sitter pour les enfants des personnels soignant ou bien encore remplacent certains personnels absents au sein des laboratoires hospitaliers.

« Apprendre à connaître notre ennemi »

 Si les départements scientifiques sont bien sûr en première ligne, nombres d’autres disciplines sont aussi en pleine ébullition (économie, psychologie, sciences sociales, etc) puisque ce virus impacte tous les aspects de nos existences. Une diversité que l’on retrouve dans les conférences organisées par l’Université sur internet. Les Webinaires sont l’occasion pour le grand public d’écouter nombres de professeurs de l’Université et surtout de leur poser des questions. Ces derniers, en dépit de leur charge de travail, prennent le temps de transmettre leur savoir ; une mission peut-être encore plus importante en temps de crise. ([1])

Les travaux de recherche, eux, se sont multipliés. À ce jour, l’Université mène en parallèle 60 projets de recherche, impliquant des centaines de personnes, pour tenter de comprendre le virus, le contrôler et soigner les malades. Spécialistes de virologie, de zoonose, de microbiologie, d’immunologie, de biologie cellulaire, d’épidémiologie, d’informatique, de chimique, de physique, de nanotechnologies, … tous sont sur le pont. Cela est d’autant plus important que selon le Professeur Michal Linial, biochimiste, ce virus ne semble pas prêt à disparaître comme cela avait été le cas du Sars-Cov1, apparu en 2003, qui avait surtout sévi en Asie et avait disparu au bout de six mois. Pour le professeur Michal Linial, « il faut donc apprendre à connaître notre ennemi et finalement faire la paix avec lui » avec l’aide d’un vaccin ou d’un traitement.

Un des rares laboratoires au monde spécialiste du Sars-Cov1

De son côté, le Professeur Shy Arkin, également biochimiste et ancien vice-président de la recherche et du développement de l’Université Hébraïque de Jérusalem (2009-2017) précise : « Nous devons nous assurer que nous aurons plusieurs solutions car si pour le moment ce virus, contrairement à la grippe ne change pas, on ne sait pas comment les choses vont évoluer. Une fois que vous avez défié un virus, vous ne savez pas comment il réagit ». Autrement dit, la solution thérapeutique valable en 2020 ne le serait peut-être plus en 2021.

Dans son laboratoire, Shy Arkin étudie le mode de fonctionnement interne des virus et plus précisément celui de l’influenza et du SARS depuis près de vingt ans. « Nous sommes un des rares laboratoires au monde à travailler sur le virus du SARS-Cov1 car ce dernier a disparu dès 2003 et a bénéficié de peu de financement. En fait, si la recherche scientifique avait plus sérieusement pris en compte ce virus à l’époque, nous n’en serions pas là aujourd’hui. Notre but n’était pas de trouver un médicament mais de déterminer la structure de ce virus. Or, l’une des protéines, composant majeur du SARS-Cov1 de 2003, se retrouve dans le SARS-Cov2 de 2019. Dorénavant, notre objectif est d’inhiber cette protéine. Car si vous inhibez le composant majeur d’un virus, vous inhibez tout le virus. Nous avons commencé à tester les 6 000 molécules pharmaceutiques existantes sur le SARS-Cov2. »

Mise au point d’un test beaucoup plus rapide et moins cher

Autre exemple concret, les recherches menées par les professeurs Nir Friedman et Naomi Habib, tous deux biologistes, qui, avec l’aide de quinze autres chercheurs, ont mis au point un test beaucoup plus rapide et sensiblement moins cher que les tests actuellement pratiqués. Le test est quatre à dix fois plus rapide. Or, le délai des tests actuels est l’un des problèmes de gestion de cette pandémie. Tester plus vite permettra de tester plus de gens et d’avoir une connaissance plus précise de la réalité de la pandémie et donc de limiter la contagion. Les tests actuels de dépistage au coronavirus consistent à extraire des molécules d'ARN dans un échantillon prélevé chez un patient, et voir si elles contiennent de l'ARN viral correspondant au Covid-19. « Notre test réduit considérablement la dépendance des laboratoires vis-à-vis de l’extérieur. À ce jour, nous avons testé des centaines d'échantillons cliniques de l'hôpital Hadassah et nos résultats étaient identiques à ceux trouvés par les kits actuellement utilisés », souligne le professeur Nir Friedman. Ces travaux ont été financés par la Fondation Edmond de Rothschild de Césarée.

Cliquez ici pour voir son interview sur I24

« Nous espérons obtenir plus de financements »

En fait, cette dernière a récemment fait un don de 15 millions de shekels (3,8 millions d’euros) à l’Université pour contribuer au financement des 60 projets de recherche en cours sur le coronavirus. Rendant hommage aux donateurs qui se sont déjà manifestés, Yossi Gal, ancien ambassadeur d’Israël en France et vice-président du développement des relations extérieures de l’Université, a souligné : « Nous espérons obtenir plus de financements - cela signifierait une recherche meilleure et plus rapide sur le coronavirus. » Vos dons sont donc plus importants que jamais.

Ainsi, pour accélérer le développement des tests des professeurs Friedman et Habib, l’Université a besoin de 6,5 millions de dollars. Il faut installer une « plate-forme de séquençage ADN à haut débit, pour pouvoir analyser 10 000 échantillons contenant simultanément 400 millions de molécules. »

L’Université a listé six projets précis dont le coût varie de 5,2 à 7,7 millions de dollars ([2]). Bien sûr, à court terme, ces projets sont destinés à lutter contre le SARS-Cov2, mais à moyen et long terme, il s’agit de découvertes, de connaissances et d’outils qui seront utilisés « pour toutes les recherches sur les maladies étudiées à l'Université. » En donnant aujourd’hui, nous préparons l’avenir.

 

Rédaction : Catherine Dupeyron

 

[1] Pour consulter la liste des Webinaires, cliquez ici https://www.youtube.com/playlist?list=PLx1LaJUamY2EY2mzpgMiubSj_IlZvDOXY

[2] Pour en savoir plus, contactez Catherine Belais au 01 47 55 43 23 ou par mail Cet adresse mail est protégé contre les spambots. Vous avez d'activer le javascript pour la visualiser. ou cliquer sur le lien ci-dessous

 

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