L’Université Hébraïque de Jérusalem, plus que jamais, au cœur du monde

L’Université Hébraïque de Jérusalem a rouvert ses portes en grand au monde entier le 17 juin avec la visite de nombreux diplomates en poste à Tel Aviv. Une formule nouvelle qui marque aussi la fin des liens à distance, instaurés dans le cadre de la pandémie du Sars-Cov2. Parmi les invités, l’ambassadeur de France, Eric Danon.

 De gauche à droite Martial Guérin, Jean-Jacques Pierrat, Arthur Berrou et Eric Danon / Courtesy of Bruno Charbit / The Hebrew University of Jerusalem

 

Vous connaissiez les soirées de l’ambassadeur agrémentées de quelques douceurs chocolatées ! Dorénavant, à Jérusalem, il existe aussi la journée « Portes ouvertes aux ambassadeurs » qui s’est déroulée à l’Université hébraïque, le 17 juin dernier. Pour la première fois, le département des relations extérieures de l’Université a initié et organisé une visite collective – jusqu’ici cela se passait au cas par cas en réponse à la demande des ambassades. Et, le corps diplomatique a largement répondu présent. Sur 32 pays invités, 27 étaient représentés ainsi que l’Union européenne. Certains états, comme la France, sont même venus en force : l’ambassadeur Eric Danon en poste depuis septembre 2019 était accompagné de Jean-Jacques Pierrat, Directeur de l’Institut français à Tel Aviv et Martial Guérin, chargé de mission pour la coopération universitaire et scientifique. Cet évènement marquait une autre première, la reprise des contacts directs après quatre mois de communication par téléphone ou par vidéo-conférences en raison de la pandémie de la Covid-19.

Au programme : une présentation dynamique des nombreux atouts de l’université et une visite de l’ELSC – Centre Edmond et Lily Safra de recherche sur le cerveau - dont plusieurs de ses laboratoires. Sur le premier point, l’accent a bien évidemment été mis sur la dimension internationale de l’université : nombres de ses cours donnés en anglais, ses studios intégrés sur le campus pour les étudiants étrangers et ses nombreux partenariats avec le monde académique international établis soit à titre individuel par les chercheurs eux-mêmes, soit par l’université. C’est grâce à ces liens internationaux tissés au fil du temps, qu’Arthur Berrou, brillant étudiant de l’Ecole Normale, a pu intégrer l’ELSC en 2017. Arthur et 80 % des étudiants étrangers sont restés sur le campus pendant le confinement. Le jeune homme, âgé de 24 ans, présent le 17 juin, a eu l’occasion de discuter avec l’ambassadeur de France. La conversation, loin d’être formelle, a vite pris un tour scientifique, Eric Danon, ayant eu une formation scientifique avant de devenir diplomate. Ils ont promis de se revoir après l’été.

60 projets de recherche sur le coronavirus 

Reem Sari, vice-président de R&D de l’université, a notamment évoqué la construction d’un Parc High-tech d’ici 2023 sur le campus de Guivat Ram pour accueillir des industriels, ce qui renforcera encore les liens entre la recherche et l’industrie. Et il a aussi, bien sûr, parlé de l’actuelle pandémie de la Covid 19.  A cet égard, l’UHJ poursuit plusieurs objectifs. Reem Sari a notamment signalé celui de « déconstruire le virus pour développer des anticorps permettant le diagnostic, le traitement et la vaccination, ainsi que trouver les talons d’Achille du virus. » Il y a aussi un projet d’analyse des eaux usées afin de déterminer les zones géographiques où le virus est actif ou bien encore développer un produit actif à poser sur les masques qui piègerait le virus. Enfin, il existe aussi des études sur les dégâts causés par le confinement sur le cerveau ou bien encore sur l’impression en 3 D pour une alimentation durable. Tous départements confondus, l’université travaille désormais sur 60 projets de recherche liés au coronavirus réunissant une centaine de chercheurs et s’appuie notamment sur ses liens privilégiés avec l’hôpital Hadassa, qui jouxte la faculté de médecine de l’UHJ sur un seul et même campus.

Adi Mizrahi, co-directeur de l’ELSC, dont la vocation est de comprendre le cerveau et d’en soigner les maladies, a souligné l’importance primordiale et constante de l’approche interdisciplinaire au sein de l’ELSC. Le directeur a accompagné l’un des groupes de diplomates à la découverte de l’ELSC et de cinq de ses laboratoires. Dans l’un d’eux, le professeur de biologie, Naomi Habib, a expliqué que l’équipe avait adapté ses recherches aux besoins du moment, à savoir la Covid 19. Ils ont mis au point un test beaucoup plus rapide que le test actuel, actuellement examiné par le ministère israélien de la Santé. « S’il est validé, ce sera une étape très importante car la méthode sera valable pour les autres virus », précise-t-elle.

A l’issue de la visite, l’ambassadeur de France, qui n’avait pas encore eu l’occasion de venir à l’ELSC, est conquis. « L’état d’avancement de la recherche sur le cerveau est impressionnant. Et la géographie du lieu est intelligente, elle participe à la logique d’interdisciplinarité. Tous les labo sont regroupés au même endroit. Chacun a un objectif très précis mais il s’inscrit dans une démarche globale de manière expérimentale et théorique. C’est un modèle intéressant, car cette synergie entre le calcul, l’expérimentation et la théorie est assez rare, aujourd’hui, dans les laboratoires. »

 

Rédaction : Catherine Dupeyron

 


De gauche à droite : Asher Cohen, Eric Danon, Yossi Gal / Courtesy of Bruno Charbit / The Hebrew University of Jerusalem

 

Visite du lab à l'ELSC / Courtesy of Bruno Charbit / The Hebrew University of Jerusalem